40 mots pour un marin

Si petite catastrophe si petite douleur misérable oui quelque chose se passe t’as des jambons impeccables bonjour jacqueline un quart d’heure à faire c’est pas du travail si longtemps attendus 40 mots à un marin pour ne pas l’inquiéter.


Le bon état d’esprit ne pas comprendre le doute pourquoi ils s’y refusent pourquoi le travail débusqués les 40 mots pour un marin c’est pour longtemps gratitude.

Foule d’elle et lui

Il souffle transpire. Lui non. Elle aussi. Elle lève la main, fait un signe, elle a cru que c’était lui, elle s’est trompée. Lui ne comprends pas pourquoi elle le reconnaîtrait, dans cette foule, on ne se reconnaît pas. Il est là incognito. Il pense à autre chose qu’à la reconnaissance. Il crie un bon coup. Il dit non. Il a le visage tout rouge. Il tend le nez. Le voilà rien qui flotte dans l’eau. Elle a ses mains de surface. Elle a la peau toute gonflée de savon. Rien ne trempe plus, tout crevasse. Et lui ce qu’il ne dit, c’est pour dire quelque chose, il ne sait pas sur quel pied danser. Il regarde l’autre. Il lui touche l’épaule. L’autre a peur, c’est manifeste. Il quelconque quelqu’un. Il ramasse les maladies. Le malade est au milieu, il le sait. Elle le dénonce, elle le montre du doigt, ils se retournent, ils crient que ce n’est pas possible et se mettent sous couverture. Elle se couche. Elle se roule par terre. Elle se couvre le visage de terre. Il se mouche et tousse. Ils tremblent. Elle la voilà bien. Le front baissé. Elle ne sait plus. Il n’y a plus de pourquoi. Ils disparaissent tous. Ils pensent à autre chose, c’est pour ça. Lui non. Elle non. Elle et lui ne vont plus ensemble. Ils se diluent. Elle tombe, lui aussi, ils regardent à la surface, ils tourbillonnent tous. Imagine si. Lui y passerait. Puis lui. Et lui. Pas elle non s’il te plaît, pas elle. Ce foulard qu’elle a autour du cou. Il touille. Ses yeux la regardent. Il y a des grands cris et de petites voix, ils y passent. Lui. Lui. Lui. Lui. Vivant, bêtement. Il se sent bien. Elle le voit à l’air libre. Il, son impasse, c’est chez lui. Elle attend, tout juste derrière lui. Il tourne la tête. Elle, il ne la voit pas, il regarde vers l’avant, rien, que d’autres, lui dos voûté, presque à tomber, presque à tomber, voilà comme ils sont, tous, heureusement, ils se serrent contre le mur de l’impasse, c’est comme ça, qu’ils tiennent encore debout. L’autre, le voilà bien, elle s’en plaint beaucoup, il ne sait rien sur rien, il dort, on dirait, il a les yeux fermés, il sent sa chaleur, elle s’en fout, elle voudrait autre chose, lui, lui, lui, lui, lui, lui.

La leçon

C’est lui qui conduit. Les familles restent. La maladie avance par petits bouts. Raison impérieuse. On écoute, c’est un extrait, il ne dure pas, les malades ne durent pas (discours).

Tous malades un petit peu respirer la leçon. Beaucoup sont présents. Les malades sont sous surveillance renforcée. Les malades applaudissent. Les malades saturent. Les malades ne disent plus rien. Ils n’ont pas plus d’une demi-heure, plus beaucoup de temps, le temps, leur souffle, pénurie (fiche).

Un petit peu
Plus sévère
Beaucoup plus sévère
Hausser le ton
Au mépris du respect
Comportement irresponsable (leçon).

Vous ne savez pas lire ? Vous n’avez pas de bouche ? Arrêtez la tête et les doigts ! Coupez le souffle ! (harangue)

Les malades étouffent nous sommes tous malades nous étouffons les cheveux poussent étouffez les non-essentiels, la porte la porte ferme la porte maintenant c’est dans l’air, il y aura un avant et un après on ne sait pas dire quand. Je sors brièvement moutarde biscuits lait beurre filtres croûtons compote pâte à tarte yaourts essuie-tout. Non-essentiels, restez chez vous. Comment on continue les choses personne ne se pose la question. On n’a jamais rien vu dans une maison. Les cheveux poussent et les forêts sont fermées. On a tous un rôle à jouer, merci pour les bons gestes. Tout pour se faire remarquer comment je mets mon manteau comment je respire une demi-heure dire, penser autre chose, ça ne sert à rien, ça ne sert à rien il parait de porter un masque. Leçon. Encore leçon. Leçon. Malades, irresponsables, désinvolture, légèreté irresponsable. Une demi-heure, plus qu’une demi-heure, ce n’est pas très long une demi-heure, mesures de précaution, toute forme de rassemblement, consignes beaucoup plus sévères, malades, encore malades, toujours malades. Les malades se durcissent, faites un petit peu de demi-heures en plus, s’il vous plaît, on réclame encore un peu de demi-heures. (journaux)

Son oiseau changeait sa vie
Il ne méritait pas cette fin, et de cette façon (épitaphe).

Je deviens

On enferme mon corps, il ne peut supporter les villes de plus en plus petites, le contact.
Je vis la calamité simplement.
J’ai toujours été prisonnier, je ne le savais pas.
Il n’y a pas grand chose à la vie, une fleur sur ma poitrine, c’est tout.
Je n’ai rien à dire de cette vie-là, elle est un comme tout le monde, tout le monde tremble de vie nulle, non advenue chaque jour, advenue et puis suspendue, comme tout le monde j’aime les petits légumes à domicile.
Désertion, il y a. L’impression de remplir une fiche. Mise au rebut, ce que la vie a d’inutile. Elle s’attend au pire, ce qui est, ce qui doit être.
Je ne respire plus, personne ne remarque le souffle coupé.